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  • : Histoire de l'école primaire, littérature pour la jeunesse, Paul-Jacques BONZON, Amis de l'ancienne baronnie de Néhou, anciens du collège de Périers (50), recherches généalogiques et historiques, Société des Antiquaires de Normandie, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche....
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16 août 2017 3 16 /08 /août /2017 13:58

Qu'il soit judicieuxde proposer la lecture de Jean de La Fontaine et de ses fameuses fables à l'école, qui en douterait tant elles sont d'une redoutable pertinence et d'une fraîche actualité?

Les Fables, oui, mais toutes y compris celles où le fabuliste en appelle à Jupiter.

Par exemple, Jupiter et les Tonnerres :

Jupiter, voyant nos fautes,

Dit un jour du haut des airs :

"Remplissons de nouveaux hôtes

Les cantons de l'univers

Habités par cette race

Qui m'importune et me lasse.

 

Ou encore, cette autre fable, Jupiter et le passager inspirée de la fable d'Esope, L'homme qui  promet l'impossible.

Oui, Jean de la Fontaine est vraiment à relire en l'ayant en permanence sous les yeux.

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 11:47

La gauche est mouvement.

 

Lors des élections législatives de 1993, la Gauche était défaite et bien défaite ! Les pythonisses de tous genres prédisaient même qu’elle ne s’en relèverait pas. Notons en passant que la proportion de députés RPR et UDF qui allait amener le président Mitterrand à choisir Edouard Balladur comme premier ministre était supérieure à ce que représente aujourd’hui la majorité dite présidentielle. C’est alors qu’un jeune élu appartenant à la nouvelle génération de socialiste prit la plume et publia, aux éditions isoète, à Cherbourg, un petit opuscule qu’il convient de relire aujourd’hui au prisme de l’histoire. Ce jeune élu termina le quinquennat précédent comme Premier ministre. Dans La Politique Retrouvée, tout est dit. Bernard Cazeneuve, en un style aussi concis que précis analyse avec une lucidité mais aussi une honnêteté qui mérite d’être soulignée les raisons de la débâcle.  Pour l’essentiel l’analyse peut être reprise. Quelques exemples : p. 70 « … l’américanisation du système politique français fait son œuvre et menace les équilibres de notre société. Ce n’est pas si loin l’Amérique ! ». Nous étions en 1994 ! Les exemples pourraient être multipliés car chaque analyse est ciselée. Allons à la conclusion : « L’intérêt général doit devenir le seul guide de la puissance publique… Dire ensemble c’est retrouve l’amour de la République, c’est accepter de s’effacer devant l’exigence de l’intérêt général. Seuls, confrontés au miroir de leurs ambitions, les hommes ne s’effacent jamais. Il faut toujours que les institutions les guident ou les supplantent » p. 110-111. A moins de faire en sorte de diminuer le pouvoir des institutions ou de les plier à la volonté d’un seul pouvoir… « Il est des aveuglements partisans, des capitulations ou des scléroses de la pensée politique, de lâches abandons pour séduire alors qu’il faudrait convaincre, qui scellent pour longtemps de sinistres réputations ». Et plus loin : « Pour ne pas en avoir pris l’exacte mesure, ils assistèrent impuissant à la désagrégation de leurs certitudes et au sacrifice de leurs idéaux sur l’autel de l’action gouvernementale, sacralisation de la bourse, orthodoxie monétaire, « euro-béatitude », dérégulation de l’économie, délocalisation des entreprises et des emplois… »  Trop de renoncements ne peuvent qu’impliquer davantage de faiblesse, ouvrant grand la porte aux populismes provenant de la dégénérescence de la démocratie en démagogie qui veut qu’on flatte, en les exaltant, les sentiments et les passions de l’opinion ».

En 1993, la gauche quittait le gouvernement en ayant anéanti l’espérance. L’ardeur à changer la vie était perdue. Aujourd’hui, les pythonisses sont de retour. Mais tant pis pour tous les fossoyeurs en herbe des idéologies de progrès, la gauche est toujours en mouvement. Elle l’est d’autant mieux qu’elle peut s’appuyer sur des valeurs sûres de serviteurs de l’Etat intègres fidèles à leurs convictions. La lecture de ce petit opuscule de Bernard Cazeneuve est incontestablement à recommander. Elle est salutaire ; elle est vivifiante. Elle permet d’espérer car l’espérance indique un chemin à suivre loin des démagogies ambiantes, du superficiel et de la communication du vide pour reprendre une expression de Lipovetski. Le combat n’est jamais fini. L’espérance est le mouvement. La gauche est toujours en mouvement. C’est la gauche en mouvement.

 

Bernard Cazeneuve, La Politique Retrouvée, Cherbourg, Isoète, 1994, 118 p.

LA GAUCHE EST TOUJOURS EN MOUVEMENT
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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 09:13

Le roman révèle parfois des pépites. Ainsi, par exemple, une certaine vision de l'Histoire dans le Goncourt 2011. Alexis Jenni dans L'art français de la guerre livre une perspective qui, pour le moins rapportée à l'actualité, mérite réflexion.

Les Fantômes nous inspiraient :les problèmes, nous essayons de les confondre avec ceux d'avant, et de les résoudre comme nous avions échoué à résoudre ceux d'avant. Nous aimons tellement la force, tellement depuis que nous l'avons perdue. un peu plus de force nous sauvera, croyons-nous toujours, toujours un peu plus de force que celle que nous disposons. Et nous échouerons toujours encore.

Et le romancier d'ajouter :

Comme nous ne savons plus qui nous sommes, nous allons nous débarrasser de ceux qui ne nous ressemblent pas. nous saurons alors qui nous sommes, puisque nous serons entre ressemblants. ce sera nous. Ce "nous" qui restera, ce sera ceux qui se seront débarrassés de ceux qui ne leur ressemblent pas.

La force et la ressemblance sont deux idées stupides d'une incroyable rémanence ; on n'arrivera pas à s'en défaire. Elles sont deux croyances aux vertus physiques de notre monde, deux idées d'une telle simplicité qu'un enfant peu les comprendre; et quand un homme possède la force est animé d'idées d'enfant, il fait d'effroyables ravages. La ressemblance et la force sont les idées les plus immédiates que l'on puisse concevoir, elles sont si évidentes que chacun les invente sans qu'on les lui enseigne. On peut construire sur ces fondations un monument intellectuel, un mouvement d'idées, un projet de gouvernement qui aura de l'allure, qui tombera sous le sens (l'expression est un présage), mais si absurde et si faux qu'à la moindre application il s'effondrera, écrasant dans sa chute des victimes par milliers. Mais on n'en tirera aucune leçon, la force et la ressemblance n'évoluent jamais... Ce sont des idées d'enfant : les enfants rêvent toujours de plus de force, et ils cherchent à qui ils ressemblent.

 

Alexis JENNI, L'art français de la guerre, Paris, Gallimard, 2011, pp. 475 - 476

 

 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 12:41

Le prix Goncourt 2011 attribué à Alexis Jenni pour L'art français de la guerre,  son premier roman mérite une re-lecture attentive qui réserve des surprises et suscite  réflexion, telle cette affirmation :

"Bien plus qu'un façon de vivre, la France est une façon d'expirer, une façon de presque mourir, un sifflement désordonné suivi de minuscules sanglots à peine audibles.

La France est une façon de mourir ; la vie en France est un long dimanche qui finit mal".

Alexis Jenni, L'art français de la guerre, Gallimard, 2011, p. 326.

 

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 15:42

La capacité d'obéir est infinie...

"La capacité d'obéir est infinie, c'est un des traits humains les mieux partagés; on peut toujours compter sur l'obéissance... Un claquement de doigts suffit : on a tellement l'habitude. Quand on ne sait ne sait plus quoi faire, on fait comme on nous dit... L'obéissance est inscrite si profond dans le moindre de nos gestes qu'on ne la voit même plus. On suit". 

JENNI, Alexis, L'art français de la guerre,  Gallimard, NRF, 2011, p. 92

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 07:49

" ... Il y a toujours un contexte. Mais si on le laisse nous écraser, alors nous sommes condamnés à renoncer"

Christiane Taubira, propos recueillis par Fabienne Pascaud et Yasmine Youssi, Télérama n° 3520, 28/06/ 2017, p. 8.

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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 14:51

Relisant Les considérations sur la Révolution française de Mme de Staël, on trouve des passages intéressants témoignant d'une grande lucidité d'analyse en même temps qu'une pertinence des arguments que l'histoire ne cesse d'illustrer. Le lecteur se reportera aux pages les plus significatives de l'historienne, Tome 2, IV, chap 1 & 2, pour comprendre comment Bonaparte est parvenu à conquérir le pouvoir. Son habilité politique, selon Mme Staël, repose sur le fait qu'il parvient à s'imposer en devenant " l'espoir de chacun : républicains, royalistes, tous voyaient le présent ou l'avenir dans l'appui de sa main puissante". Il avait su préparer "les esprits à la révolution" qu'a constitué sa prose de pouvoir. Tous s'y sont laissés prendre au point qu'il "embrouilla la question la plus simple, celle de l'élection"

Les analyses de Mme Staël, même si elles sont marquée d'une certaine distance peu amène à l'égard de l'homme qui incarna ce qui caractérise le Bonapartisme, méritent réflexion.

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 09:47

La constitution de la Ve République est une formidable machine à produire de la "monarchie républicaine". Personne ne le conteste. Moins encore l'un de ceux qui en a été l'un de ses représentants les plus significatifs qui, pourtant, n'avait pas manqué d'en pointer les dérives.

Relisons les dernières lignes qu'il y consacre dans un ouvrage, "Le coup d'Etat permanent" , publié en 1965 :

"Au régime vieillot qui s'applique à perpétuer une société agonisante ils peuvent (parlant des républicains) opposer la promesse féconde d'un monde nouveau où la loi, sage et hardie, fera du peuple son propre maître. ils ont de leur côté la liberté et la justice. S'ils l'osent, ils auront l'espérance" 

François Mitterrand, Le coup d'Etat permanent, Coll. 10/18, 1965, p. 242

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 09:44

Se souvenir de la formule de Lampédusa dans le Guépard : "Il faut que tout change, pour que rien ne change !"

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 09:42

" La question est de savoir si la politique vise à servir les intérêts d'une minorité de privilégiés ou si elle doit s'inspirer d'une exigence humaniste et universaliste pour agir dans le monde."

 

Lionel Jospin, L'impasse, Flammarion, "Café Voltaire", 2007, p. 135

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