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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 17:04

"Il y a plus de science et de sagesse dans le modeste geste d'un jardinier expérimenté que dans le commandement compliqué d'un politique averti..."

Maxime Leroy, Vers une République heureuse, 1922

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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 15:02

Il est des moments où certaines lectures sont plus salutaires que d'autres. La redécouverte de Marc Bloch est de celles-là, particulièrement dans l'étrange période que nous traversons. On parle de crise sanitaire, certes. N'a-t-on d'ailleurs pas évoqué la "guerre" ! "Nous sommes en guerre". La pandémie de la Covid-19 est là,  assurément, chaque jour mais non pas cause d'une crise plus large impactant l'ensemble des vecteurs d'une société mondialisée, privée de cet humanisme essentiel, quand la communication et la consommations remplacent trop souvent la réflexion. L'ère du vide. Relire Marc Bloch et L'étrange défaite (1940) apporte de sérieux éléments de réflexion pour mieux comprendre les temps présents. 

Voilà ce que livre Marc Bloch pour expliquer ce qu'il vivait en 1940. 

" Nous savions tout cela. Et pourtant, paresseusement, lâchement, nous avons laissé faire. Nous avons craint le heurt de la foule, les sarcasmes de nos amis, l'incompréhension de nos maîtres. Nous n'avons pas osé être, sur la place publique, la voix qui crie, d'abord dans le désert, mais du moins, quel que soit le succès final, peut toujours se rendre la justice d'avoir crié sa foi. Nous avons préféré nous confiner dans la craintive quiétude de nos ateliers. puissent nos cadets nous pardonner le sang qui est sur nos mains !" 

Marc Bloch, L'étrange défaite, 1940, p. 147

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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 09:47

A propos de la réforme de l'enseignement :

" On ne refait pas à un pays son éducation en rapetassant de vielles routines. C’est une révolution qui s’impose " .
 " En résumé, nous demandons, d'un bout à l'autre, une révision raisonnée des valeurs. la tradition française, incorporée dans un long destin pédagogique, nous est chère. Nous entendons en conserver les biens les plus précieux : son goût de l'humain ; son respect de la spontanéité spirituelle et de la liberté ; la continuité des formes d'art et de pensée qui sont le climat même de notre esprit.  Mais nous savons que, pour être vraiment fidèles, elle nous commande elle-même de la prolonger vers l'avenir."

Des réflexions à méditer dans un monde où le mercantilisme mondialisé s'impose comme philosophie dominante.

Marc Bloch, L’étrange défaite. Gallimard, 1940, p. 191 et 203. 

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Published by Yves Marion - dans Histoire de l'école Mes lectures
7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 10:36

Les associations constituent [donc], avec la liberté de la presse, l’une des seules garanties contre les dérives de la démocratie ; elles sont l’une des conditions, nécessaire mais non suffisante, de son bon fonctionnement et de l’exercice des libertés dont elles sont elles-mêmes l’expression. En revanche, pour des raisons historiques et pratiques tenant également à l’esprit des peuples, Tocqueville sait qu’en France, le pouvoir verra toujours d’un œil suspicieux l’existence d’une liberté totale des associations, c’est pourquoi il emploie cette formule très forte, à valeur d’impératif catégorique que nous avons placé en exergue de ce texte, et il ajoute : « Parmi les lois qui régissent les sociétés humaines, il y en a une qui semble plus précise et plus claire que toutes les autres. Pour que les hommes restent civilisés ou le deviennent, il faut que parmi eux l'art de s'associer se développe et se perfectionne dans le même rapport que l'égalité des conditions s'accroît *».

 

Jean-Louis Benoît, "Tocqueville : les associations, un enjeu capital de la démocratie", La Manche, éducation, culture et patrimoine, n°3, 2018/2019, p. 8.  http://rsatgenea.free.fr/mhem/documents/MECP_3.pdf

 

 * De la démocratie en Amérique II,II, ch.5

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Published by Yves Marion - dans AMOPA Manche Mes lectures
13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 14:26

C'est en direct du lycée Jules verne à Mondeville que le prix Fémina des lycéens 2020 a été attribué à Laurent Petitmangin pour son roman Ce qu'il faut de nuit, publiée par les éditions Buchet Chastel. 

C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux, ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes. Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir.

EAN : 9782358876797
198 pages
Éditeur : LA MANUFACTURE DE LIVRES 
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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 10:49

François de la Rochefoucauld, né à Paris le 15 septembre 1613, mort à Paris le 17 mars 1680, écrivain, moraliste, mémorialiste est essentiellement connu pour ses maximes. 

 

Ses Réflexions ou sentences et maximes morales témoignent d'un sens profond de l'observation des comportements et de la psychologie humains. Elles offrent matière à méditer. Nombre des maximes sont bien adaptées à notre époque où l'individualisme occulte souvent l'individuation au point d'en perdre l'identité. Il n'est, par exemple, que d'observer la manière que choisissent les personnes pour se présenter en fonction des milieux auxquels elles appartiennent et de leur formation. Le recours au métier ou à la fonction est, dans certains milieux, de moins en moins usité. 

La Rochefoucauld offre quelques maximes intéressantes de ce point de vue.
 
Sentence n° 87 (éd. 5) : "Les hommes ne vivraient pas longtemps en société, s'ils n'étaient les dupes les uns des autres." ou encore, sentence n° 85 (éd. 1) : "Nous nous persuadons souvent d'aimer les gens plus puissants que nous, et néanmoins c'est l'intérêt seul qui produit notre amitié. Nous ne nous donnons pas à eux pour le bien que nous leur voulons faire, mais pour celui que nous en voulons recevoir." La Pléiade p. 256.
 
Œuvres complètes de La Rochefoucauld, La Pléiade, 1935, 678 p.
 

 

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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 17:28

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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 09:28

La période que nous traversons est difficile. Nous le savions mais nous faisions en sorte de ne pas le voir. Le Covid-19 nous en révèle la réalité. Le système traverse une crise majeure. Danièle Salenave, ce matin, sur France Inter, évoquant les inégalités devant la pandémie, disait que nous étions à la fois les victimes et les complices du système. Nous nous berçons de mots ou d'actes donnés en spectacle dont le seul rôle est de nous duper en faisant mine de tout arranger. Que nous dit-on ? D'aller à l'essentiel, comme l'éditorial de Philippe Lemoine dans Ouest-France dimanche de ce jour. Mais qu'est-ce que l'essentiel, quand chacun définit le sien propre et n'entend guère le partager ! Il va falloir se reconstruire ! Reconstruire qui ? reconstruire quoi, et sur quelles valeurs de société ? Il va falloir se réinventer, c'est-à-dire s'inventer à nouveau. Le pronominal s'adresse à qui ? S'adresse à quoi ? Mais le jour d'après !.. C'est dire que la réflexion, c'est pour plus tard, probablement repoussée aux calendes grecques. Des artifices qui ne trompent personne : Il y aura toujours plus urgent ; il y aura des intérêts évidemment supérieurs pour qu'après soit comme avant, peut-être pire encore. Comme le note Sylvain Tesson : les ivrognes russes trinquent parce que demain sera pire qu'aujourd'hui. Le jour d'après... pourquoi pas le jour d'avant ? On ne pouvait prévoir ! N'est-ce pas le rôle du politique que de prévoir l'imprévisible ? Pendant ce temps le langage dominant, sous toutes ses formes, continue d'opérer son funeste travail ne cessant d'accroître les discriminations. Collectivement, nous l'acceptons par facilité, par lâcheté, par fatigue aussi anesthésiés par une médiacratie omniprésente qui envahit le quotidien.

Comme Tocqueville "Je crois qu'il y a des résistances honnêtes et des rébellions légitimes".  Dans de telles situations la lecture de Camus se révèle salutaire. Avec l'Homme révolté : "ce qu'on peut apprendre de l'expérience [...] c'est à tourner le dos aux attitudes et aux discours, pour porter avec scrupule le poids de notre vie quotidienne." Pour Camus qu'est-ce qu'un homme révolté ? "C'est d'abord un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui."  La Pléiade, essais, p. 1682. La conclusion : "L'Homme révolté ne propose ni une morale en forme ni une dogmatique. Il affirme seulement qu'une morale est possible et qu'elle coûte cher". 

Des pages à méditer par les temps qui viennent.

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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 11:08

De la part de Jean-Louis Benoit

 

PROFITEZ DU CONFINEMENT POUR MUSCLER VOS NEURONES LISEZ TOCQUEVILLE


Vous ne pouvez pas aller chez votre libraire ni dans les bibliothèques, les textes de et sur Tocqueville vous sont cependant accessibles directement et gratuitement.
Profitez-en et téléchargez les sur :


http://edi-tocqueville-jlb.fr
http://classiques.uqac.ca/…/benoit_j…/benoit_jean_louis.html
http://classiques.uqac.ca/…/De_tocquevi…/de_tocqueville.html
https://www.institutcoppet.org/les-multiples-visages-de-to…/ 

https://www.facebook.com/jeanlouis.benoit.18

 

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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 09:29
Les animaux malades de la peste Illustration G. Doré / Pannemaker

Les animaux malades de la peste Illustration G. Doré / Pannemaker

Les Animaux malades de la peste
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Jean de La Fontaine
Les fables - Recueil II, livre VI
I
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