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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 07:34

Il y avait le soixante-huitard, bien connu, lui! Que n'a-t-on pas dit ? Que n'a-t-on pas écrit à son propos ? Il reste, pour les uns, souvent ceux qui ont connu ou traversé l'époque, l'exemple, le modèle à imiter, non sans quelques nostalgies d'un passé révolu. Pour d'autres, un modèle à fuir, furieusement : il serait la cause de tous nos maux actuels... C'est oublier que quelques 120 années avant une Révolution, celle de 1848, avait aussi profondément modifié les modèles sociaux. Selon Alexis de Tocqueville, dans la Manche, elle passa presque inaperçue tout en soulignant, par ailleurs, que le caractère essentiel de la Révoluion de Février, fut le socialisme (1850). 

Comme pour son lointain descendant,  le quarante-huitard, avait des caractéristiques propres au point que certains n'ont pas hésité à tenter d'en tracer un portrait. Celui qu'en laisse Louise Pépin, originaire de la Manche, est suffisamment éloquent : 

"Le quarante-huitard fut un honnête homme, franc comme l'or, pur, désinteressé et qui a cru tout possible, un rêveur capable d'action, mais d'action souvent imprécise et maladroite, toujours grisé de déclamations sentimentales, au reste un homme sympathique et attachant auquel a manqué seulement l'expérience politique et le sens des réalités".

Louise Pépin, La Révolution de 1848 en Basse-Normandie, Paris, imp. Foulon, n.d. (probablement vers 1948)

 

Posté le 25 mai 2013

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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 09:00

 

Les sociétés occidentales ont déjà vécu deux révolutions : le passage de l'oral à l'écrit, puis de l'écrit à l'imprimé. Comme chacune des précédentes, celle que nous vivons, est tout aussi décisive. L'essor des nouvelles technlogies s'accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives modelant un nouvel humain.

Ceux qui en doutent, redoutent cette mutation ou bien la fustigent liront avec un intérêt soutenu ce petit opuscule, petit par le nombre de pages, 82 exactement, mais grand par la réflexion qu'il suscite. 

 

                   MS 1                         MS 2

 

 

« Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer : une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d’être et de connaître… »

« Ce changement… nous sentons en avoir un besoin urgent, mais nous en sommes encore loin. Probablement parce que ceux qui traînent dans la transition entre les derniers états n’ont pas encore pris leur retraite alors qu’ils diligentent les réformes selon des modèles depuis longtemps effacés. » p. 21

« Je vois nos institutions luire d’un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprennent qu’elles sont mortes depuis longtemps déjà. » p. 22

 

Posté le 14 avril 2013

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 10:57

Carteret

 

Vieux roc, ô Carteret ! les vagues écumantes

Mordent en s’écrasant l’airain de ton butoir,

Et roulent à tes pieds, poudreuses et fumantes,

Comme frappées du coup d’un énorme battoir.

 

Sur tes flancs dénudés, ta cime verdoyante,

O gentil Carteret, si séduisant à voir,

Avec chaque villa, fleur coquette et riante,

Est comme un gros bouquet dans un grand vase noir.

 

Partout la plaine verte et ses près et ses arbres,

Ses donjons, ses clochers pareils à de vieux marbres,

Et Moncâtre, là-bas, qui monte dans le ciel.

 

Puis c’est la plaine encor, c’est la mer d’un vert pâle,

Avec son flot mouvant qui se tait ou qui râle

Jusqu’au lointain de pourpre où sombre le soleil.

 

Eléonor Daubrée

Les fleurs de mon pays. Poésies normandes.

Caen, Henri Delesques, imprimeur-éditeur, 1912, 148 p.

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Published by Yves Marion - dans Mes lectures
21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 18:37
"La ville que j'habite en ces contrées de l'Ouest, je l'ai depuis longtemps  appelée : "la ville de mes spectres"."


Jules Barbey d'Aurevilly parle ainsi de Valognes : Une page d'histoire, 1882
Posté le 2 décembre 2007
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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 10:07
On sait que les élections législatives du 13 mai 1849 consacrèrent la victoire des partis conservateurs et parmi eux du parti catholique. Ils comptaient 450 députés pour 750 sièges. Un royaliste, Dupin, préside la Législatives, tandis que Louis-Napoléon, chef équivoque d'une république agonisante, prépare par ses messages une seconde dictature.

Née de l'ultramontanisme, une nouvelle théocratie s'affirme, dont le triomphe s'affirme bientôt dans la loi Falloux du 15 mars 1850. Député du Maine-et-Loire, M. de Faloux, faisant preuve d'une habileté consommée, vient , en ruinant toute l'oeuvre scolaire antérieure, de ramener l'enseignement primaire à ce qu'il était avant Guizot.  Les artisans de cette loi, outre M. de Falloux, se nomment l'abbé Dupanloup, Montalembert et Thiers.

Ce dernier, avec l'éloquance qui lui est reconnue, n'hésite pas à prononcer ces paroles de défiance qui manifestent sa profonde aversion à l'égard du corps enseignant : "Je demande formellement autre chose que des instituteurs laïques dont un trop grand nombre sont détestables..." Et, plus loin, ces paroles terribles qui marqueront pour longtemps l'esprit de l'école : " J'aime mieux un instituteur sonneur de cloches qu'un instituteur mathématicien." Et d'ajouter :" Je suis prêt à donner au clergé tout l'enseignement primaire."

Et voilà lancées les bases mêmes de ce qui fut appelé "l'école libre." Ainsi fut voté la "loi qui porte un masque" selon l'expression de Victor Hugo.

Il est souvent nécessaire de revisiter l'histoire pour comprendre le présent.
Posté le 18 décembre 2008
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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 10:03

Tout autre est Barbey d’Aurevilly. Barbey d’Aurevilly s’est plu dans l’étrange, l’extraordinaire, le fantasque. Le meilleur de son talent il l’emploie de parti pris à stupéfier ses lecteurs, à les faire frissonner. Ce n’en est pas moins un de nos plus puissants évocateurs. Ce Normand de race a décrit mieux que qui ce soit la Normandie, cette « belle pleureuse » toujours humide, toujours embrumée, mais qui sous ses larmes et au milieu de sa brume ne perd rien de sa beauté propre, de sa luxuriante et riche beauté. La lande de Lessay avec ses bruyères, les marais du Cotentin avec tous leurs reflets d’eau stagnante, les dunes de Portbail, de Barneville et de Carteret avec leurs jaunes amas mouvants de poussière de sable n’ont jamais trouvé pour les peindre de talent supérieur à celui de l’auteur du « Chevalier Destouches, » de « Ce qui ne meurt pas, » du « Prêtre marié, » de « L’ensorcelée » et d’une « Vieille maîtresse. »

 

Léon Déries

 

Les paysages de France dans le roman français in L’entente, Gazette française de Londres et du Royaume Uni, rubrique Revue Littéraire, 18 septembre 1920, p.6

 

Yves Marion,  lecture du 14 mars 2008.

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 08:26

 

Posté le 21 novembre 2011

"Indignez-vous", suggérait Stéphane Hessel dans un ouvrage qui, bien que "petit", a fait "beaucoup" de bruit et continue d'alimenter une réflexion qui ne cesse de s'amplifier y compris hors de nos frontières.

S'indigner, c'est bien; c'est délà ça; mais après ?

Après? Le même, Stéphane Hessel, associé, cette fois, à Edgar Morin, dans un petit opuscule de 60 pages, clair et de lecture aisée, proposent au-delà de la nécessaire indignation, "une politique du vouloir-vivre" énoncée comme "une voie politique de salut public" en forme d'annonce d'une nouvelle espérance.

Ils proposent tout simplement un chemin de l'espérance.

 

"Le chemin de l'espérance" de Stéphane Hessel et Edgar Morin, publié chez Fayard le mois dernier, 60 pages, est à recommander fortement et à consommer "sans modération". 5 € qui seront bien placés ! 

 

Hessel

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 10:42

 

LE NOUVEL ESPRIT DE LA DEMOCRATIE. Actualité de la démocratie participative.

BLONDIAUX Loïc, Paris, Seuil, coll. La Répubique des idées, 2008, 112 p. 

 

Comment faire vivre cet impératif de participation des citoyens sans sortir du cadre de la démocratie représentative ? Comment penser les dispositifs susceptibles de réaliser ce nouvel idéal ? C'est à ce genre de questions cruciales que tente de répondre l'ouvrage de Loïc Blondiaux.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 21:23

 

 

" L'histoire est devenue pour l'essentiel une mise en demeure du Futur au contemporain"


Julien Gracq, Lettrines, 1974, II

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 12:15

Le jour des morts

Au sénateur Maurice Faure


Pendant qu’une foule vers les tombes se presse

Pour réciter sans fin des prières, des vœux,

Ouvrier ou paysan, songe à ces malheureux

Qui ont souffert pour toi sans plainte, sans tristesse !

 

Combien d’ouvriers sont morts sur la tâche meurtrière,

Pour sauver chaque fois la vie d’humains !

Combien de paysans sont morts sur cette terre

Qu’ils voulaient défricher de leurs robustes mains !

 

Combien de grands penseurs ont péri dans les flammes

Des bûchers allumés par le prêtre et la foi,

Et combien de soldats dans des guerres infâmes

Sont allés vers la mort pour un indigne roi !

 

A tous ceux-là songeons en ce jour de tristesse,

Disons à nos enfants combien leur cœur est bon ;

De tous ces morts gardons le souvenir sans cesse,

Pensons à leur courage et redisons leur nom !

 

Ghardimaou, le 29 octobre 1909

 

 

Ernest Reynaud, La Muse laïque, Paris, Société d'imprimerie et de librairie, 1910

 

Poésies avec lettre-préface de Maurice Faure, dédiées à Camille Pelletan

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