Que deviendra la chapelle du Bon-Sauveur ? Le bâtiment du XIXe siècle connu pour son acoustique exceptionnelle devait intégrer le programme de réhabilitation prévu par Eiffage immobilier (lire ci-dessus). En le rachetant aux soeurs du Bon-Sauveur, le promoteur l'a inclus dans l'opération. Mais qu'en faire ? Pour un spécialiste de la construction de logements privés, la manipulation d'un tel ouvrage, classé, n'est pas des plus aisée. D'où la tentation de revendre. Difficile de ne pas y céder. Eiffage observant un mutisme absolu sur ce projet, il faut se tourner vers le prieuré Saint-Jean-Eudes, hébergeant des membres de la congrégation traditionaliste Saint-Pie X, pour obtenir la confirmation.
« C'est un vieux un projet qu'a le prieuré, reconnaît l'abbé Thierry Gaudray, à la tête de la communauté. L'évêque Mgr Pican est au courant. On a son accord. » Les deux messes en latin du dimanche matin réunissent 300 fidèles dans la chapelle Saint-Pie X. « Un ancien hangar, rue du Vaugueux. Ça fait 30 ans que l'on est dedans. C'est bien parce que c'est plein centre, mais ce n'est pas très accueillant. » D'où la recherche d'une autre point de chute.
La chapelle du Bon-Sauveur pourrait convenir. Mais les tergiversations entre les acteurs de la vente retardent une éventuelle négociation. « Potentiellement, nous sommes acheteurs... si on arrive à réunir l'argent », assure Thierry Gaudray. Les traditionalistes auraient aussi apprécié un geste de l'évêché. « Mgr Pican donne des églises à qui il veut : à des orthodoxes, à des protestants, des schismatiques et des hérétiques. » Dans l'église catholique, la vie n'est pas encore un long fleuve tranquille. J.J.-B.
Conférence de Julien DESHAYES, animateur du patrimoine du pays du Clos du Cotentin :
Salle Imagin’art, Querqueville, jeudi 19 mars à 18h30.
La chapelle Saint-Germain à Querqueville
Il n’est guère d’édifice en Cotentin qui ait fait l’objet d’un si grand nombre de recherches, articles et publications que la chapelle Saint-Germain de Querqueville. L'imaginaire allant bon train, on l’identifia tantôt à un dolmen ou à un lieu de culte gaulois, on lui prêta des souterrains et on lui attribua une antiquité vertigineuse. L’ouverture de fouilles archéologique dirigées par Robert Dold, dans les années 1970, a permis d’en approfondir considérablement la connaissance, en démontrant notamment que l’édifice actuel est venu se superposer à un sanctuaire antérieur, auprès duquel s’était développé, durant l’époque mérovingienne, une nécropole chrétienne. En parallèle, d’autres approches ont également permis de souligner que le plan tréflé si particulier de la chapelle de Querqueville possédait plusieurs équivalent, aussi bien en France qu’en Italie ou en Espagne. Mais, en dépit de l’intérêt constant porté par les chercheurs à cette petite construction, plusieurs points restent relativement flous. En termes de datation notamment, aucune proposition ne semble véritablement étayée. L’analyse du bâti visible en élévation est demeurée – en dépit des innombrables études qui lui ont été consacrées – relativement sommaire. Grâce à une approche plus approfondi des matériaux de construction et de leur mise en œuvre, intégrant une étude des mortiers, des enduits et du décor peint, il est possible d’affiner l’analyse de la chapelle et de mieux en définir la place parmi les autres édifices de son époque. Au cours de sa conférence, Julien Deshayes, membre du Groupe de recherches archéologiques du Cotentin, pourra proposer un regard largement renouvelé sur cet édifice emblématique du Cotentin.
Cette conférence publique, présentée par le service culturel de Querqueville à l’initiative du Groupe de recherches archéologiques du Cotentin, aura lieu le jeudi 19 mars à partir de 18h30, salle Imagin’art, à Querqueville.
Bilan des opérations archéologiques réalisées
dans le département de la Manche en 2008
Samedi 21 mars – Auditorium des archives départementales
de la Manche, Saint-Lô, de 14h à 17h30