C'est la formule que retient Jean-Michel Laxalt, président de la MGEN, dans son rapport moral lors de l'assemblée générale ( Valeurs mutualistes n° 257 de septembre - octobre 2008) pour dénoncer la fragmentation de la société vers laquelle nous allons.
Le pouvoir d'achat, dit-il, a nourri la consommation qui a généré l'appel au crédit, qui a dopé le marché. Le marché, en effet se développe sur la diversification des attentes en individualisant la demande, brisant, de fait, les homogénéités sociales, familiales et professionnelles, les héritages collectifs et les héritages culturels.
Une véritable fragmentation de la société est en cours.Une atomisation des individus est à l'oeuvre. Ce n'est pas nouveau. C'est le chemin pris par nos sociétés, non pas seulement depuis 68 comme ont tendance à souligner certains détracteurs, mais depuis bien plus longtemps dans les mentalités en évolution. On assite à un véritable déccrochage individuel de la société collective et de l'intérêt général. Une société égologique se dessine. Une société qui n'a rien à voir avec le développement durable !
Ce qui est grave, c'est que ce sont précisément les autorités publiques qui mènent la dans et donnent le tempo. Elles entonnent volontiers la complainte libérale : trop d'impôts, trop d'Etat, trop de carges, trop de services qui échappent aux règles du marché concurrentiel.
L'Etat n'est pas un enjeu de marché. Ce n'est pas une scène où l'on s'essaie alternativement au comique ou au drame. La République n'est pas un idéal individuel, elle est un idéal collectif.
Ce sont des valeurs affirmées par le président de la MGEN et qu'on gagnerait à reprendre à notre compte.
Les cahiers de la MGEN n° 257 de septembre octobre 2008