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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 08:35
La notion de laïcité revient sur le devant de la scène. Cela mérite qu'on s'y arrête. Le fait n'est pas banal : quel sort veut-on lui réserver ?

La laïcité est pourtant un fait bien établi, semble t-il.

La France est un Etat laïc.



Qu'est-ce à dire ? La notion n'est pas nouvelles et cependant pas toujours très bien comprise à défaut d'être admise.

S'agissant des idées, Montaigne, Essais, I, 56 propose la définition suivante :

"Je propose les fantaisies humaines et miennes [mais] non comme arrêtées et réglées par l'ordonnance céleste, incapables de doute et d'altercation [...]; d'une manière laöque, non cléricale, mais très religieuse toujours."


Il est clair qu'en ce sens "Laïque" désigne une manière de penser qui ne procède ni de l'Ecriture, ni de la théologie. On en vient tout naturellement à philosophie laïque, morale laïque, idéologie laïque, univers laïque....

En droit, il s'agit d'un principe qui caractérise un Etat dans lequel toutes les compétences politiques et administratives sont exercées par des autorités laïques sans participation ni intervention des autorités ecclesiastiques, et sans immixtion dans les affaires religieuses. On parle alors du caractère non confessionnel de l'Etat associé à sa totale neutralité d'où, par exemple, en France, la séparation des Eglises et de l'Etat. Nous disons bien des Eglises au pluriel et non de l'Eglise au singulier comme trop souvent laissant entendre par là qu'un seule pourrait être visée par la loi de 1905.


La laïcité n'a pas a être "positive" ou "saine". L'affubler d'un qualificatif c'est assurément affaiblir la force du concept. La Laïcité, (a bien distinguer du laïcisme qui est sa caricature),  se suffit en soi ! 

On est en droit d'attendre de l'Etat et de ses représentants la plus attentive des neutralités. Ce n'en est plus une que de prendre position au regard de l'une ou l'autre des confessions. Il n'est jamais bon que le politique se préoccupe de la mémoire de l'histoire et dicte ce qu'on doit en retenir. Laissons aux historiens le soin d'analyser avec leur méthodes propres les racines de notre culture.

Voir "mes pages" pour développement.

Puis c'est  François Bayrou qui s'y colle, et de belle manière cette fois, avec un point de vue qui fait honneur.  Il dénonce à juste titre le mélange des genres. 

Voir son article dans Le Figaro du 26 décembre rapporté par Ouest-France du 27 décembre.


" L'homme  n'est libre que si on empêche toute interférence entre le pouvoir, la religion et  la science,  les trois ordres que  définaissait Pascal."  et dénonce le paradoxe  du mélange du matérialisme financier représenté par le pouvoir et  le souhait de faire de la religion une autorité dans l'espace public.


Belle analyse, et juste. 

Qu' on ne s'y trompe pas , assurément la laïcité est en grand danger, quand les autorités ecclésiastiques françaises voient dans le discours de Rome "une manière neuve" d'envisager la laïcité.  Il n'y a rien de neuf sinon de malmener tout le mouvement d'émancipation de la pensée française pour revenir aux plus noires époques de l'obscurantisme.

Témoin le point de vue d'un de ces ecclésiastiques dans Ouest-France du 28 décembre 2007 qui se félicite du retour aux vraies valeurs : les siennes !

Lire :


L'inquiétant pacte de Sarkozy au Vatican

Dans une analyse du discours et de « l’adoubement » du président français au Vatican, Christian Terras, directeur de la revue Golias, estime que « Sarkozy réimplante quelque chose qu’on croyait d’un autre âge ». « Même s’il affirme ne pas vouloir remettre en cause 1905, le projet de Sarkozy violera 1905 », explique-t-il. Décryptant les emprunts idéologiques à Le Pen et Maurras, il estime que Sarkozy est porteur d'une  «vision fondamentaliste et intransigeante du catholicisme dans son rapport au monde».

Christian Terras est l’auteur de Benoit XVI ; le pape intransigeant (2005), L’opus Dei, une église dans l’église (2006), Le retour des intégristes (2007) aux éditions Golias. Il dirige le site golias.fr. et l’hebdomadaire Golias, dont un numéro consacré au discours de Sarkozy au Vatican doit paraitre jeudi 3 janvier.


Et puis il y a Riyad, et puis et puis ...chaque jour davantage !!!


Le Président multiplie les déclarations faisant référence aux racines chrétiennes de la France, suscitant les inquiétudes des défenseurs de la séparation entre Eglise et Etat.

Après Rome, Riyad. Lundi, lors de sa visite officielle en Arabie Saoudite, comme lors de sa visite au Vatican le 20 décembre, Nicolas Sarkozy s’est livré à un éloge de la morale chrétienne et des religions qui sont, selon lui, au fondement même des civilisations. Venant du président d’un pays qui prône la séparation des Eglises et de l’Etat, ses propos ont provoqué un tollé parmi les défenseurs de la laïcité. 

La loi de 1905 porte sur la séparation des Eglises et de l'Etat (pas de l'Eglise et de l'Etat) et cela change tout. Il est absolument nécessaire de relire cette loi de grande tolérance qui englobe une poition générale de l'Etat à l'égard de toutes les églises de toutes obédiences. Garantissant la liberté des cultes (de tous les cultes) l'Etat s'interdit toute ingérence dans cette liberté de penser (toute ingérence !!! est-ce clair !)


28 janvier 2008 :

Le président du Conseil du culte musulman, M. Boubakeur, propose un "moratoire" sur la loi de 1905
 
Suite :

12 septembre 2008, un président d'un Etat laïc reçoit le représentant du culte catholique dans l'enceinte même du Palais présidentiel. La séparation des Eglises et de l'Etat, reste encore à faire. Non la laÎcité n'est pas une valeur dépassée ! Au contraire, c'est une valeur à défendre, et plus que jamais !!!

On n'est plus au temps où Louis XIII consacrait le Royaume de France à, la Vierge Marie, tout de même ! Quoi que... quoi que ...

Toujours vrai en 2009 !

29 mars 2009


 
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Published by Yves Marion - dans Opinions - réactions