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Par Yves Marion
A l'heure où on entend parfois remettre en question l'existence des départements, il n'est pas inutlie de rappeler certaines initiatives à caractère historique en matière d'organisation administrative.
En août 1850, en vertu de la loi du 15 mars de cette même année votée par l'Assemblée nationale sur la proposition du comte de Falloux, ministre de l'instruction publique, les 20 académies, qui, en 1848, avaient survécu aux 27 académies créées par Napoléon pour remplacer les anciennes universités provinciales de l'Ancien régime, furent démembrées.
Il y eu alors en France autant d'académies que de départements, c'est-à-dire 86 académies départementales. A la tête de chacune de ces nouvelles circonscriptions académiques fut placé un chef de service auquel on donna le titre de recteur. Au lieu de présider à la destinées de tout un groupe de départements, il n'avait qu'à diriger un unique département.
Cela dura peu. Une loi du 27 mai 1854 abroge la précédente. A la fin du mois d'août 1854, l'académie départementale de la Manche créée en août 1850 disparaît avec toutes les autres. Les académies départementales ne durèrent que quatre années !!!
En substituant les académies départementales aux académies régionales, le gouvernement et la Chambre réalisaient non un dessein universitaire, mais un dessein politique : "... on voulait que ce vaste corps des instituteurs qui alors inquiétait le pays fût placé sous la main d'une autorité vigilante et vigoureuse". Tels étaient les motifs évoqués que rapporte le député de la Sarthe, Langlais, le 27 mai 1854, à propos de la loi de 1850.
En 1854, l'oeuvre de pacification est achevée : calme, ordre et disciple règnent désormais. L'enseignement secondaire rejoint l'administration centrale et le primaire demeure décentralisé. Il n'y a plus besoin d'un recteur pour le diriger. Un inspecteur d'académie suffit.
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