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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 08:53

C'était hier la Saint-Stanislas. A cette occasion, Christophe Canivet souhaitait rétablir une vérité. Victor Lépine qui a donné son nom à une rue et à un lycée de Caen ne s'appelait pas Victor mais Stanislas.

 

Stanislas Lépine, (Caen, 1835 - Paris, 1892)

" Aujourd'hui, 11 avril, c'est la saint Stanislas.

C'est l'occasion de parler d'une incongruité caennaise.

La délibération municipale du 24/12/1925 est venue nommer plusieurs rues de Caen notamment la "rue Victor Lépine" qui donna ensuite son nom au "Lycée Victor Lépine"

L'article du Ouest-éclair éd. Caen 25/12/1925, commentant (voire reproduisant ?) cette délibération, précise "Victor Lépine, né à Caen en 1835, mort en 1892, le meilleur élève de Corot. Le Musée de Caen possède de lui un tableau délicieux 'une rue à Montmartre'" ...

Sauf que ledit Lépine ne se prénommait pas Victor mais Stanislas...

Victor n'était que son second prénom à l'état-civil.

Stanislas-Victor-Édouard LÉPINE est né le 3 octobre 1835 à Caen, rue du Ham (Archives du Calvados, commune de Caen, 1835, acte de naissance n° 759, (vue 193/268)

Il est encore enfant quand ses parents émigrent à Montmartre.

Il y deviendra élève de Corot et présentera à de multiples reprises soit une vue de Paris, soit une vue de Caen au Salon des Champs-Elysées avant de mourir, paralytique, dès 1892.

 

Malheureusement, de son vivant, la fortune l'a fui, et il a fallu attendre sa mort pour que sa cote s'envole, enrichissant les marchands d'art qui avaient acheté ses œuvres à vil prix de son vivant...

En 1904, le quotidien La Presse lança une campagne de presse suite à une interview donné par sa veuve. Les titre et sous-titres sont éloquents : « UNE VIEILLE INJUSTICE – LA QUESTION DES DROITS D'AUTEUR - Rien ne protège peintres et sculpteurs. – Chez la veuve d'un grand artiste. – Une navrante infortune ». L'entretien est sur le même ton (La Presse 20/10/1904 p1 & p3)

Dix ans plus tard, à l'aube de la première guerre mondiale, alors que les expositions rétrospectives consacrées à LÉPINE s'enchaînent, une nouvelle campagne de presse est lancée dans la Presse et le Matin, cette fois-ci soit-disant suite à un entretien avec sa fille, le jour même où la question des droits d'auteur des artistes devait être débattue à la commission de l'enseignement (Le Siècle 04/03/1914)...

Et, comme si la postérité s'acharnait contre lui, en 1925, quand le conseil municipal de Caen voulut baptiser une rue de la ville en sa mémoire, il l'affubla de son deuxième prénom. Or c'est bien Stanislas qui était son premier prénom à l'état-civil, son prénom d'usage, le prénom sous lequel il s'est fait connaître et le prénom par lequel il signait ses œuvres « S. LÉPINE ». 

On a donc à Caen une « rue Victor Lépine » outre un « Lycée Victor Lépine » pour rendre hommage au peintre Stanislas LÉPINE (voir Ouest-éclair éd. Caen 25/12/1925, les dates indiquées et la qualité d'élève de COROT ne laissant aucun doute).  

Bien sûr, aujourd'hui il ne semble plus possible de modifier ce nom de rue erroné...

Il y a quelques jours, le site Facebook des Archives du Calvados a mis en ligne la photo du tableau de Stanislas Lépine qui se trouve habituellement dans le bureau de sa directrice " .

Christophe Canivet, 11 avril 2019

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Published by Yves Marion - dans Histoire