Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 10:12
Céline Guénolé s’est vu remettre le 16 décembre 2017, pour ce superbe ouvrage, par l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen,
le prix Bouctot 2017. Une récompense bien méritée.

 

Qui ne connait pas Louis Beuve ? Personne ne peut nier avoir entendu, au moins une fois, un jour de sa vie, déclamer La vûule égllise, Ma p’tite épicerie ou La Graind’ Lainde ? Le barde normand, rédacteur au Courrier de la Manche, adepte et promoteur du « patois », l’loceis de ses jeunes années, est assurément connu. La mémoire de Maît’ Louis est honorée à Quettreville-sur-Sienne où il est né et inhumé et à Lessay, proche de Vesly, où il fut élevé. Des monuments lui ont été érigés.  Quelques travaux lui ont été consacrés, mais jamais, à vrai dire, de biographie. Voilà une lacune désormais comblée avec le travail monumental réalisé par Céline Guénolé, publié par les éditions OREP à Bayeux en partenariat avec Parlers et traditions populaires de Normandie, PTPN - Le Viquet.

Travail imposant, en effet, sous la forme d’un fort volume cartonné au format généreux (20 x 27,5 cm), de 448 pages. Un magnifique ouvrage qui donne envie au lecteur de l’ouvrir sitôt qu’il le tient en mains. Et le lecteur n’est pas déçu. En professionnelle qu’elle est, récompensée par le Prix littéraire du Cotentin (2003) pour sa biographie de Pierre Le Conte, peintre et imagier de la Marine, Céline Guénolé livre un remarquable portrait d’un « Louis Beuve, Normand avant tout », écrivain normand d’expression dialectale, figure majeure du régionalisme normand, passeur de mémoire…

Travail abouti, fruit de longues recherches d’une dizaine d’années fondées sur une somme de documents souvent inconnus, complétées d’une iconographie riche, diversifiée et largement inédite, cette étude éclaire l’existence d’un personnage attachant. C’est ainsi que le lecteur découvre en huit tableaux d’égale facture le portrait de cet homme à la jeunesse mélancolique que Paris ne changera pas. Ce sont les deux premiers chapitres suivis d’une de la présentation des vingt années de quiétude créatrice au manoir de Boulenc à Saint-Lô. Nostalgique était l’homme, nostalgique d’un temps qui, pour lui, s’éloignait ce que traduit le chapitre suivant : « La Lettre à la morte, requiem pour un mode défunt ». Puis vient le temps heureux du Pou qui grimpe car le poète sait cultiver l’amitié et le souvenir. Les deux derniers tableaux sont consacrés, l’un à la période de son existence place des Beaux-Regards, toujours à Saint-Lô, et, l’autre, aux années de tourmente, de 1939 à 1949. Louis Beuve s’éteint dans sa maison du bourg de Quettreville-sur-Sienne, le 17 juin 1949 dans sa 80e année.

Superbe ouvrage que livre ici Céline Guénolé. Le lecteur, soucieux de comprendre un homme, un poète, un écrivain, souvent à contre-courant dans un monde en pleine mutation, ne se lassera pas de retourner sans cesse à cette brillante étude, tant par le texte, d’une rare qualité, que par les illustrations qui l’accompagnent, servis par une mise en page exceptionnelle qui procure un vrai plaisir de lecture.

Ouvrage superbe ! Que dis-je ? Une somme, une référence, une biographie qui fera date.

 

Céline Guénolé, Louis Beuve (1869-1949), Normand avant tout, Bayeux, éditions OREP, PTPN-Le viquet, 2017, 448 p.

 

 

PRIX BOUCTOT 2017 REMIS A CELINE GUENOLE POUR "LOUIS BEUVE, NORMAND AVANT TOUT"
Partager cet article
Repost0
Published by Yves Marion - dans Amis de l'ancienne baronnie de Néhou