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  • : Histoire de l'école primaire, littérature pour la jeunesse, Paul-Jacques BONZON, Amis de l'ancienne baronnie de Néhou, anciens du collège de Périers (50), recherches généalogiques et historiques, Société des Antiquaires de Normandie, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche....
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Beaucoup s'interrogent sur l'origine des sieuries songeant parfois à quelque titre de noblesse vaguement lové au détour d'histoires génalogiques. Détrompons-nous : pas davantage un titre de noblesse qu'une marque distinctive d'appartenance à un ordre quelconque sauf, peut-être, à marquer quelque aspiration d'élévation sociale de certains petits hobereaux en rêve de puissance! Molière se plait à le rappeler plaisamment se moquant, nous dit G. Sablayrolles, dans ses notes explicatives de présentation de "l'école des femmes", comédie jouée en 1662, de Thomas Corneille, le frère du grand Corneille, qui avait pris de nom de Corneille de l'Isle. Il nous dit que les frères Corneilles furent vexés de l'allusion à peine cachée. (Classiques Larousse, éd. 1959, p. 29).

Arnolphe se fait, en effet, vaniteusement appeler M. de la Souche. A ce propos, il se fait apostropher par Chrysale (Acte I, scène 1)

 

Chrysalde

"Je me réjouis fort, seigneur Arnolphe...


Arnolphe

Bon !

Me voulez-vous toujours appeler de ce nom ?

 

Chrysalde

Ah ! malgré que j'en aie, il me vient à la bouche,

Et jamais je ne songe à Monsieur de la Souche.

Qui diable vous a fait aussi vous aviser,

A quarantre et deux ans, de vous débaptiser,

Et d'un vieux tronc pourri de votre métairie

Vous faire dans le monde un nom de seigneurie ?

 

Arnolphe

Outre que la maison par ce nom me connaît,

La Souche plus qu'Arnolphe à mes oreilles plaît.

 

Chrysalde

Quel abus de quitter le vrai nom de ses pères

Pour en vouloir prendre un bâti sur des chimères !

De la plupart des gens c'est la démangeaison ;

Et, sans vous embrasser dans la comparaison,

Je sais un paysan qu'on appelait Gros-Pierre,

Qui, n'ayant pour tout bien qu'un seul quartier de terre,

Y fit tout à l'entour faire un fossé bourbeux,

et de Monsieur de l'Isle en prit le nom pompeux

 

Arnolphe

Vous pourriez vous passer d'exemples de la sorte;

Mais enfin de la Souche est le nom que je porte,

J'y vois de la raison, j'y trouve des appas,

Et m'appeler de l'autre est ne m'obliger pas.

 

Chrysalde

Cependant la plupart ont peine à s'y soumettre

Et je vois même encore des adresses de lettre...

 

Ainsi, Molière remet-il la revendication de sieurie au rang du ridicule !

 

Plus sérieusement on se reportera utilement à la communication faite naguère par M. Yves Nédélec, à Flers, le 19 mai 1971 lors de la 37ème Semaine du droit normand : "patronymes et noms de sieuries, sur quelques usages de la Manche du XVIe au XXe S.", et à Valognes, en mai 1979, lors de la 41ème semaine du droit normand "Sur un usage cocasse de la société noble et bourgeoise de l'Ancien régime, les noms de sieuries imaginaires". Le canevas de ces communication ont été publiés dans les monographies multigraphiées consultables aux Archives départementales de la Manche.

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